NOTE SUR LA REFORME DE L’ASSURANCE CHOMAGE ISSUE DU DECRET 2019-797 DU 26 JUILLET 2019

Le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 auquel est annexé le nouveau règlement de l’assurance chômage a pris effet le 1er novembre 2019.

 Quelques points essentiels à retenir.

 

  • Modification de la condition de durée de travail pour l’ouverture du droit au chômage

Auparavant, afin de pouvoir prétendre à l’assurance chômage, le salarié devait avoir travaillé au moins 4 mois au cours des 28 derniers mois (ou 36 derniers mois pour les salariés de plus de 53 ans).

Désormais le salarié devra justifier de 130 jours travaillés ou 910 heures travaillées, soit environ 6 mois, au cours des 24 derniers mois (ou 6 mois sur 36 derniers mois pour les salariés de plus de 53 ans).

Autre conséquence, la durée minimale d’indemnisation est donc augmentée à 182 jours au lieu de 122 jours auparavant.

  • Nouvelle condition d’affiliation pour le rechargement des droits

Auparavant, toute période travaillée à hauteur de 150 heures (environ un mois de travail à temps plein) au cours de la période de chômage permettait au salarié de recharger ses droits.

Désormais, le salarié devra justifier d’une période travaillée de 6 mois pour le rechargement de ses droits.

  • Durée d’indemnisation chômage

La durée d’indemnisation est égale au nombre de jours calendaires travaillés durant les 24 derniers mois.

Sont déduits de ce nombre de jours calendaires, les jours, situés en dehors d’une période pendant laquelle l’intéressé bénéficie d’un contrat de travail, correspondant :

– aux périodes de maternité indemnisées par la sécurité sociale et aux périodes d’indemnisation accordées à la mère ou au père adoptif ;

– aux périodes de maternité non mentionnées à l’alinéa précédent, indemnisées au titre de la prévoyance ;

– aux périodes d’arrêt maladie d’une durée supérieure à quinze jours consécutifs;
– aux périodes d’accident du travail ainsi que les périodes de maladie d’origine professionnelle ;

  • Dégressivité de l’indemnisation pour les salaires élevés

L’allocation journalière (pour les allocataires âgés de moins de 57 ans à la date de leur fin de contrat de travail) est affectée d’un coefficient de dégressivité égal à 0,7 à partir du 183e jour d’indemnisation.

La dégressivité ne pourra cependant avoir pour effet de réduire l’allocation journalière en deçà de 84,33 euros.

Cependant, aucune dégressivité n’est appliquée aux demandeurs d’emploi dont l’allocation journalière est inférieure ou égale à 84,33 € (soit un salaire journalier de référence inférieur ou égal à 147,95 €, soit environ 4500 € bruts par mois).

La réduction de 30% ne sera pleinement appliquée qu’aux demandeurs d’emploi dont l’allocation journalière est supérieure à 120,47 € (soit un salaire journalier de référence inférieur ou égal à 211,53 €, soit environ 6441 € bruts par mois).

Ce point peut particulièrement toucher les sportifs que le cabinet régulièrement au sein de son département droit du sport.

Par dérogation, l’accomplissement d’une action de formation, soit inscrite dans le projet personnalisé d’accès à l’emploi, soit non inscrite dans ce projet mais financée en tout ou partie, par la mobilisation du compte personnel de formation, suspend pour la durée correspondante le délai de 182 jours visé ci-dessus.

Un arrêté du ministre chargé de l’emploi doit encore définir les finalités et conditions de durée auxquelles doivent répondre ces actions de formation.

  • Possibilité de versement de l’ARE pendant une formation non inscrite au projet personnalisé d’accès à l’emploi financée en tout ou partie par le CPF (compte personnel de formation)

Le nouveau règlement Pôle Emploi prévoit désormais la possibilité de recevoir le chômage quand bien même l’allocataire suit une formation qui n’est pas inscrite dans le projet personnalisé d’accès à l’emploi, mais à condition que celle-ci soit financée pour tout ou partie par le CPF.

Cette nouvelle possibilité peut être particulièrement intéressante pour les sportifs en reconversion.

  • Ouverture de l’assurance chômage à certains salariés démissionnaires ayant un projet professionnel

Le salarié démissionnaire justifiant de 5 années de travail continues avant la fin de son contrat de travail pourra percevoir l’allocation chômage s’il démissionne pour poursuivre un projet professionnel dont le caractère réel et sérieux est attesté par la commission paritaire interprofessionnelle régionale.

Le projet aura donc dû être travaillé et validé préalablement à la démission.